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France: la manipulation des attributs des Egunguns par des profanes choque les béninois

Château Vodou: l'exposition des attributs des Egunguns choque les béninois (photos)

Château Vodou: l'exposition des attributs des Egunguns choque les béninois (photos)

Au Bénin, l’exposition des tuniques de Egoungoun et manipulées par des femmes dans un musée Français suscite de vives polémiques. Depuis le dimanche 16 mai 2021, les images font le tour des réseaux sociaux et les commentaires vont bon train.

Le musé français « Château Vodou » a publié des cliché dévoilant des attributs vestimentaires des Egunguns (représentations sacrées consacrées au culte des morts dans diverses cultures des pays du Golfe de Guinée).

« L’équipe du musée termine tous les préparatifs !Le Château et ses vodou vous accueillerons dans les meilleures conditions », peut-on lire en légende des photos.

Ces objets royaux manipulés par des blancs, parfois par des femmes a suscité des ouragans de réaction sur les réseaux sociaux.

Très choqué par ce qu’ils appellent « un sacrilège », les béninois dénoncent une profanation et une mercantilisation » de l’héritage ancestral vodoun.

Le Château Vodou s’explique…

Sur la toile, chacun est allé de sa compréhension et de sa conception de la chose au point de faire réagir le musé français Château Vodou.

« En réponse à vos nombreux commentaires au sujet de la conservation des objets, et particulièrement des Egunguns du Château Vodou de Strasbourg, l’équipe du musée souhaite partager quelques éléments de contexte afin d’éclaircir plusieurs fausses affirmations », peut t-on lire sur leur page Facebook.

Selon le message, le musée vodou est porté par une association à but non lucratif, de ce fait elle ne fait aucun bénéfice. « Le musée se donne pour mission de valoriser, conserver et protéger un patrimoine de l’humanité », a expliqué le Château Vodou.

Pour le musé, toute l’équipe du musée fait de son mieux, au quotidien, pour mettre en avant ce patrimoine en le respectant et il n’est pas question ici d’appropriation.

« Nous valorisons les échanges culturels et sommes ravis de travailler également avec des chercheurs et artistes d’Afrique de l’Ouest dans le cadre de notre programmation culturelle et scientifique », peut-on lire dans leur clarification.

Pour l’heure, les autorités béninoise n’ont pas encore réagi à cette polémiques qui continue d’enflammer la toile.

Un extrait de la clarification du musé

Nous essayons humblement de partager ce riche patrimoine auprès de nos publics et de casser les clichés qui existent autour du vodou, clichés construits historiquement par les campagnes colonisatrices et évangélisatrices, nous en sommes tout à fait conscients.

C’est bien pour cela d’ailleurs, que lors des visites guidées, nous parlons des thématiques de l’esclavage, de la colonisation, de la christianisation. Notre travail consiste aussi à aborder ces horreurs du passé pour préserver un devoir de mémoire. Nous travaillons également avec l’ambassade sur des projets artistiques et culturels.

Les objets présents au musée proviennent d’une collection privée, appartenant à Marc et Marie Luce Arbogast, et dont les pièces ont été acquises ou données : Aucune d’entre elles n’a été pillée ou volée. Afin de conserver et protéger les objets qui composent cette collection, il est nécessaire de les entretenir, de les nettoyer.

C’est pourquoi nous nous permettons avec grande précaution de les toucher : Nous connaissons leur histoire et leurs spécificités. De plus, plusieurs initiés sont dans notre équipe.

Ces objets autrefois sacrés sont devenus, du fait de leur contexte muséal, désacralisés. Nous restons toutefois pleinement conscients de leur charge spirituelle et c’est pourquoi nous cherchons à les conserver, les protéger, en les traitant avec le plus grand respect.

Nous restons à disposition pour en débattre avec vous. Ce sont aussi les débats qui font avancer…  » La critique est aisée, mais l’art est difficile. »

P. Nericault

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